dentifrice avec microplastiques

Microplastiques: L’ECHA favorise l’opinion de l’industrie sur les preuves de dommages environnementaux

L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a favorisé l’industrie lors de la collecte initiale de données sur les microplastiques, ce qui a incité les organisations environnementales à rappeler à l’ECHA de ne pas négliger ou sous-estimer les risques pour la santé et l’environnement lors de la préparation de la proposition visant à restreindre l’utilisation de ce polluant.

ClientEarth, le Bureau européen de l’environnement (BEE), l’Alliance Santé et Environnement (HEAL), le Secrétariat international de la chimie (ChemSec), Women Engage for a Common Future (WECF International) et Greenpeace, avec le soutien de Rethink Plastic Alliance, ont envoyé une lettre exprimant leur inquiétude quant au manque d’objectivité de l’ECHA, en offrant une oreille particulièrement attentive aux entreprises qui ajoutent des microplastiques à leurs produits.

Les microplastiques dans ces produits, qui comprennent les cosmétiques et les produits de soins personnels, les épurateurs industriels utilisés pour le nettoyage et les peintures, entre autres, sont déversés dans l’eau et dans les océans, ce qui entraîne une pollution importante.

En janvier de cette année, la Commission européenne a chargé l’Agence européenne des produits chimiques de présenter une proposition visant à restreindre les microplastiques ajoutés intentionnellement aux produits, afin de lutter contre cette source de pollution et d’éviter de nuire davantage à la santé humaine et la faune sauvage.

L’appel à contribution de l’Agence, qui a pris fin le mois dernier, était la première étape d’un long processus, avant que la Commission européenne puisse adopter la restriction (prévue en 2020).

Au cours de cette première étape, l’Agence a invité les industries utilisant des microplastiques à fournir des informations afin d’exclure certaines utilisations des restrictions proposées. En revanche, l’Agence n’a pas montré d’intérêt à recevoir des informations d’autres parties prenantes sur les dangers et les risques des microplastiques, indique la lettre.
Les environnementalistes craignent donc que la proposition de l’ECHA soit trop étroite et qu’il soit plus difficile d’obtenir, en fin de compte, une restriction qui aborderait réellement la question des microplastiques ajoutés aux produits.

Alice Bernard, juriste à ClientEarth, a declaré : « La priorité de l’Agence des produits chimiques devrait être de s’assurer qu’aucun risque n’est négligé ou sous-estimé, mais nous sommes témoins d’un appel à la protection des intérêts des entreprises responsables de cette pollution microplastique.

« L’Agence semblait également ouvrir la porte à des dérogations pour des motifs qui ne sont pas conformes au règlement d’enregistrement, d’évaluation, d’autorisation des substances chimiques et restrictions applicables à ces substances (REACH). »

Tatiana Santos, responsable des politiques au Bureau européen de l’environnement (BEE), a déclaré: « Nous craignons que la proposition de l’ECHA soit trop restrictive et exclue les utilisations pertinentes et nocives des microplastiques avant que les comités scientifiques compétents ne donnent leur avis. Cela rendrait finalement la tâche plus difficile à la Commission chargée d’adopter la restriction nécessaire.

« L’ECHA devrait se concentrer sur la protection des personnes et de l’environnement, objectif principal de REACH. »

La lettre énumère des recommandations concernant le dossier des microplastiques et les futurs dossiers de restriction, y compris la prise en compte des preuves démontrant les risques pour la santé humaine et l’environnement par rapport à d’autres facteurs, lors de la rédaction des propositions de restriction.

La lettre peut être consultée en entier ici.

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George Becker

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