Tree in the desert, Namibia

L’ambition climatique de 1,5°C exige un travail juridique et de comptabilité urgent

Les juristes demandent aux décideurs de redoubler d’efforts pour s’assurer que les lois et les méthodes de comptabilité suivent le rythme des efforts mondiaux visant à limiter le seuil du changement climatique à 1,5 °C.

Un rapport clé publié aujourd’hui par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) montre comment la communauté internationale peut limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5 °C pour éviter un changement climatique irréversible.

Le rapport confirme qu’une action urgente sera nécessaire, les gouvernements du monde étant « loin d’être sur la bonne voie » pour éviter de dépasser les budgets carbone internationaux.

Les auteurs du rapport soulignent également que des technologies controversées d’émissions négatives seront nécessaires pour limiter le réchauffement à 1,5 °C.

En réponse au rapport, Jonathan Church, avocat à ClientEarth, a déclaré: « Pour la première fois, nous avons une idée claire que limiter le réchauffement à 1,5 °C est théoriquement faisable. Atteindre cet objectif – fondamental pour la protection des communautés, de l’environnement et de nos économies – nécessite avant tout, des réductions drastiques des émissions mondiales de carbone.

« Le rapport indique également que pour atteindre cet objectif, il faudra développer et mettre en œuvre des technologies d’émissions négatives parallèlement à des réductions très rapides des émissions.

« Les technologies d’émissions négatives impliquent des risques importants pour les communautés et le monde naturel qui ne sont pas encore bien compris et ces risques devront être gérés avec beaucoup de soin. Les législateurs doivent examiner de toute urgence la manière dont leurs impacts seront gérés et élaborer et mettre en place un cadre de comptabilité robuste permettant de contrôler correctement les réductions globales.

« Nous devons également nous prémunir contre le risque d’aléa moral: la dangereuse tentation de croire que la réduction des émissions n’est peut-être pas si urgente. Nous devons toujours être clairement conscients que, quelles que soient les technologies d’émissions négatives, la réduction des émissions – moins coûteuses, plus faciles et mieux comprise – est plus essentielle que jamais.

« À l’heure actuelle, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre ces technologies avant d’être sûr de pouvoir les déployer, en particulier pour le captage et le stockage du carbone (CSC). La combustion de biomasse, en termes d’émissions de carbone, de déforestation, de comptabilisation et d’utilisation des terres, suscite également d’importantes appréhensions. La meilleure technologie reconnue en matière d’émissions négatives sont les arbres, c’est pourquoi l’arrêt et le renversement urgent de la déforestation doivent faire partie intégrante afin de lutter contre les changements climatiques.

« Globalement, ce rapport ne modifie pas le constat de base : nous devons faire plus en appliquant maintenant les solutions dont nous savons qu’elles fonctionnent comme réduire rapidement les émissions et  intensifier les mesures de protection et de restauration des forêts et des écosystèmes. Miser sur le succès de solutions artificielles lorsque nous ne savons pas si elles produiront des résultats positifs est une folie lorsque l’avenir des populations et de la planète est en jeu. »

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Ryan Cheng

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