atelier sur les forêts au Liberia

Au Liberia, la foresterie communautaire renforce le pouvoir des femmes

« Si l’on ne voit que des hommes participer à la discussion lors d’un rassemblement de la communauté, on s’assure que les femmes puissent aussi prendre la parole et donner leur avis sur l’utilisation qui est faite de la forêt. »

Ce sont les propos d’une participante à un atelier sur la gouvernance forestière organisé pour les femmes au Liberia, résumant ainsi le pouvoir des lois régissant la foresterie communautaire.

Julie Weah, directrice générale de la Foundation for Community Initiatives (FCI) et responsable de la formation acquiesce :

« Exactement, appuie Julie, les hommes ne peuvent pas agir seuls, et d’un point de vue légal, ne le devraient pas non plus. »

Organisée par ClientEarth et nos Associés-pays, Heritage Partners and Associates (HPA), cette formation rassemble des femmes participant à des initiatives de foresterie communautaire et de gestion des ressources naturelles – avec pour objectif d’informer ces dernières de leurs droits sur les terres forestières et diverses ressources.

Les femmes, la gestion des forêts et la loi

Au Liberia, les femmes sont les utilisatrices principales des forêts et des produits forestiers, comme le bois de chauffage, les plantes médicinales et plantes sauvages. Par conséquent, la déforestation et la dégradation des forêts ont d’importantes répercussions sur les femmes dans les zones rurales du pays et exacerbent l’insécurité alimentaire ainsi que la perte des moyens de subsistance.

Des projets de recherche, dont un rapport récemment publié par ClientEarth, ont montré qu’accorder des droits de gestion aux communautés sur leurs terres forestières réduit le déboisement. Mettre un terme à la déforestation est une étape cruciale de la lutte collective contre un dérèglement climatique qui serait catastrophique. La participation des femmes à des initiatives de foresterie communautaire permet une meilleure conservation et protection des forêts.

Toutefois, les femmes ont traditionnellement un pouvoir de décision limité au Libéria ; leur opinion n’est pas toujours recherchée sur des questions liées à la manière dont les forêts devraient être utilisées ou gérées.

Comment ces traditions peuvent-elles être adaptées pour sécuriser les droits des femmes ? Le droit ne peut répondre que partiellement à cette question. Exiger des comités de foresterie communautaire qu’ils comptent des femmes parmi leurs membres, faciliter la participation de ces dernières et leur donner l’opportunité d’exercer des postes à responsabilité sont autant de moyens efficaces permettant aux femmes d’exercer et de sécuriser leurs droits.

ClientEarth, HPA et la FCI se sont associés afin d’aider les femmes à prendre conscience de leurs droits.

Julie explique quels sont nos objectifs : « Si les femmes comprennent la loi et leurs droits, elles peuvent participer aux discussions et aux processus de décision. Les aider à exprimer leur point de vue sur des questions relatives à la gouvernance forestière et le développement local est la seule manière de faire entendre et respecter leurs opinions. »

Au Liberia, la loi est souvent progressiste dans de nombreux domaines et il en est de même pour l’égalité hommes-femmes. Selon la réglementation forestière en vigueur, les processus de décision dans les forêts communautaires doivent inclure les femmes ainsi que les jeunes et les personnes âgées.

« Un leadership des femmes globalement renforcé »

Afin d’aider les femmes à accéder aux lois, toutes les participantes reçoivent un exemplaire d’un recueil des lois forestières du Liberia, compilées par ClientEarth et HPA. Surnommée affectueusement la « Bible des forêts », ce recueil contient des lois sur les forêts, la propriété foncière et l’environnement.

Conseillère chez HPA, Lucie Gbala explique : « Les lois constituent un outil crucial mais elles ne sont utiles que si l’on sait où les trouver. C’est tout l’intérêt de cette Bible des forêts. »

Après la formation, les femmes peuvent rapporter leur guide juridique dans leurs communautés ou leurs ateliers dédiés aux femmes.

D’après un projet de recherché mené par ClientEarth sur les lois qui régissent les forêts communautaires, la participation des femmes à la foresterie communautaire dans diverses régions du monde a également eu des répercussions positives sur l’assurance et la capacité participative des femmes – résultant en un leadership des femmes renforcé bien au-delà du cadre de la gestion des forêts.

Au Liberia, aider les femmes à prendre conscience de leurs droits à participer au processus décisionnel sur les forêts contribue à leur participation croissante à la conservation des forêts.

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